mardi 18 janvier 2011

I- A- Les principes et les valeurs des années 60.

I- L'incidence de Mai 68 sur l'éducation de nos parents…
A- Les principes et les valeurs des années 60.

Quelles étaient vraiment les revendication de l’époque ? La mise en cause de la société de consommation, le rejet de l'autorité, la soif de bonheur, de libération sexuelle, le désir de donner un sens à sa vie... Ajoutez à cela une bonne dose d'utopie et un grand élan d'engagement politique. En 1968, certaines de ces valeurs, à travers les fameux slogans de 68, n’ont eu cesse de résonner, et ont permis un boulverser les moeurs .

En 68 : la critique de la société de consommation

Affiche une liberté de penser.

 

En 68, la France et l'Europe de l'Ouest vivent un temps de fort développement économique. C'est le coeur des Trente Glorieuses. On croit au progrès, au modernisme. La France s'urbanise, ouvre ses premières grandes surfaces, bâtit ses grands ensembles, lance ses grands projets. La "grandeur" voulue par le général de Gaulle passe par là... L'économie connaît un taux de croissance plus de 5%. De plus en plus de jeunes accèdent à l'université.
Tout va bien ? Oui mais, un philosophe américain d'origine allemande, Herbert Marcuse, qui se consacre à l'étude de la civilisation moderne, dénonce cette "société de consommation" qu'il accuse de produire pour produire. Produire pour quoi ? La consommation est-elle le seul horizon à atteindre dans la vie ? Les slogans des manifestants de Mai 68 traduisent ce malaise : "Non à la dictature de l'économie", "On ne tombe pas amoureux d'un taux de croissance de 5%"...

En 68 : la lutte contre l'autorité

Des jeunes qui defendent leurs droits.

En 1968, on ne rigole pas dans les familles avec l'autorité des parents. "Tu feras ce que je t'ai dit", un point c'est tout. Idem dans les lycées, les facs, et toutes les grandes institutions. Les jeunes ne sont majeurs qu'à 21 ans, ont peu de liberté d'expression et n'ont bien sûr pas le droit de vote. Pour les étudiants de l'époque, celui qui incarne le plus cet autoritarisme, c'est le "père de la Nation", le fondateur de la Ve République : le général de Gaulle que slogans et affiches veulent déboulonner : "Dix ans, ça suffit !"... Dans le souffle des événements, les jeunes prennent la parole. Ils bousculent les enseignants, veulent s'affranchir de la culture classique jugée trop "bourgeoise", renverser les institutions... Des courants libertaires et anarchistes s'y mêlent : "Il est interdit d'interdire", "Ni dieu ni maître". Ainsi que la revendication d'une libération sexuelle, d'un droit au plaisir considéré alors comme subversif dans une société encore très rigide. Dans les années post-68, cette critique tenace de l'autorité va s'infiltrer partout.

En 68 : la révolution improbable...

Une descente dans la rue des étudiants.
Que demandaient les jeunes manifestants de Mai 68 ? Des centaines d'historiens, de philosophes, se sont posés la question dans des dizaines de livres. Au départ, il y a seulement une provocation, l'occupation de la Sorbonne par la police, qui les jette dans la
rue. Leurs revendications sont précises : "Libérez nos camarades" (ceux qui ont été arrêtés par la police) et "la Sorbonne aux étudiants" ! Pas de quoi faire une révolution. Il est vrai que quelques dizaines d'entre eux militent dans des mouvements d'extrême-gauche à tendance révolutionnaire. Ils empruntent le vieux langage marxiste-léniniste de la lutte des classes et n'hésitent pas à comparer les CRS à des SS. Mais même si les affrontements sont extrêmement violents, à aucun moment ils ne pensent à aller jusqu'au bout, par exemple en investissant l'Assemblée ou l'Elysée, pour renverser le régime et prendre le pouvoir. Les uns n'y sont pas prêts, les autres pensent que la révolution doit venir des ouvriers.

... et le désir de changer la vie

Affiche circulant, voulant d'un nouveau monde.

 

Alors, dans les revendications s'engouffrent des tas d'autres aspirations : on veut "changer la vie", vivre un temps de fête et de fraternité. Voilà ce qu'écrit Patrick Rotman, historien spécialiste de la période dans un de ses derniers livres : "On touche là à la vérité profonde de ce mouvement, informulée, impalpable et en partie irrationnelle : la quête de ce qu'il faut bien appeler une forme de "transcendance". Au fond, un profond besoin de croire en une autre humanité, une autre société, un autre monde s'investit en 68. Cette forme de "foi" a donné à cette nébuleuse une dimension supplémentaire, un supplément d'âme, qui dépasse de loin la simple articulation d'événements politiques et sociaux. Il se passe autre chose dans les têtes, dans les coeurs, qui ne relève plus de la satisfaction matérielle, mais du domaine spirituel."